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Remplir le réservoir : Comment les producteurs laitiers repensent leur stratégie d’alimentation

Posted by Une présentation d’Elanco Canada

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Alors que les coûts d’alimentation redéfinissent l’économie laitière, nous nous sommes entretenus avec Eric Simoneau (Ducharme), Marcel Lévesque (Lactech) et Marc-Antoine Guesthier (Cargill) — des experts de l’industrie travaillant directement avec les producteurs laitiers — afin de comprendre comment le secteur s’adapte et quelles stratégies d’alimentation de précision donnent des résultats concrets.

L’augmentation du coût des fourrages force les producteurs laitiers à faire des choix plus difficiles en matière de nutrition. La terre, les semences, la machinerie, le carburant et la main-d’œuvre sont tous devenus plus onéreux. Le résultat? Ce qui était autrefois considéré comme la partie « économique » de la ration pèse désormais lourd dans le budget. Les producteurs réagissent en repensant leur approche de l’alimentation, passant d'une approche plutôt générale à une gestion de précision axée sur l’efficacité.

La question qui motive ce changement est simple : comment obtenir plus de lait pour chaque kilo d’aliment servi? La réponse réside dans la compréhension de trois piliers fondamentaux, soit une meilleure utilisation des outils disponibles, des décisions stratégiques concernant les produits et l’optimisation des pratiques de gestion.


Des piliers fondamentaux pour chaque ration

Le développement d’une bonne ration commence toujours au même endroit : la compréhension des besoins nutritionnels du troupeau (stade de lactation, niveau de production, état de chair, santé du rumen), la connaissance de la qualité des fourrages par des analyses de laboratoire et l’évaluation du coût des aliments par rapport au retour sur investissement (RSI). Cependant, la façon dont les producteurs priorisent ces éléments évolue.

« Avec les prix actuels des fourrages, l’important est de remplir le réservoir à lait et non la fosse à fumier », affirme Eric Simoneau, conseiller en nutrition laitière chez Ducharme.

En d’autres termes, le gaspillage coûte cher. Mais les producteurs n’ont pas toujours vu les choses ainsi.

« Historiquement, le fourrage était considéré comme bon marché, mais la hausse du coût des intrants a changé cette perception », explique Marcel Lévesque, conseiller technique senior chez Lactech. « Les producteurs réalisent maintenant le coût réel de ce qui entre dans chaque balle. »

Il ajoute que ce changement de mentalité déplace la conversation de « combien puis-je produire? » vers « avec quelle efficacité puis-je produire? ».

C’est là que le travail technique commence. Marc-Antoine Guesthier, M. Sc., PAS, agr., directeur stratégique des services techniques laitiers chez Cargill Canada, précise que la réponse pratique se concentre sur :

  • Maximiser l’utilisation des fourrages;
  • Optimiser la marge alimentaire;
  • Stabiliser le rumen pour réduire le gaspillage;
  • Surveiller de près l’efficacité alimentaire.

L’objectif est d’extraire la valeur maximale de vos intrants.


Les données transforment la discussion

Les outils de gestion de l’alimentation se sont considérablement améliorés. M. Guesthier note que des analyses régulières des fourrages permettent de déterminer la digestibilité, la teneur en NDF (fibre détergent neutre), en amidon et en matière sèche. De plus, les logiciels de suivi de troupeau sont en mesure de suivre le lait, les composantes et la CVMS en temps réel, tandis que les évaluations sur le terrain, comme le tamis de Penn State pour vérifier le tri de la ration, le tamisage du fumier et l’observation de la mangeoire, indiquent ce qui se passe au niveau de la digestion et de l’utilisation des aliments.

Cette combinaison de données et d’observations sur le terrain transforme la prise de décision. Selon M. Lévesque, les inventaires de fourrages limités ont poussé l’industrie à gérer les stocks plus soigneusement et à reconnaître leur coût élevé ainsi que leur impact sur les coûts de production du lait. En retour, cela a favorisé une approche plus précise de la formulation des rations, notamment en « limitant autant que possible les marges de sécurité dans les rations afin de fournir exactement ce dont l’animal a besoin. » Cette stratégie de précision réduit le gaspillage et les coûts alimentaires inutiles.


La place de Rumensin® dans la stratégie

En ce qui concerne les additifs, Rumensin® occupe une place bien définie.

« Il agit sur deux plans: l’augmentation de la production laitière et la diminution de l’ingestion d’aliments », explique M. Lévesque, notant que ces deux facteurs combinés favorisent une meilleure efficacité alimentaire et une production de gras et de protéine plus rentable avec moins de ressources.

M. Simoneau adopte une approche pratique lorsqu’il discute de Rumensin avec les producteurs. Il explique que la conversation débute habituellement par « l’efficacité alimentaire, le retour sur investissement et le faible coût de Rumensin », souvent en lien avec l’augmentation de la production laitière et, dans certains cas, la réduction des grains.

M. Guesthier renforce la confiance des producteurs grâce à des essais à la ferme et des comparaisons avant/après, ancrant ses recommandations sur des données concrètes. Il souligne comment Rumensin peut améliorer l’efficacité énergétique, favoriser une meilleure conversion alimentaire et contribuer à la stabilité du rumen.

L’association historique entre Rumensin et la chute du gras du lait dans les rations faibles en fibres ou riches en amidon influence encore la perception de certains producteurs et vétérinaires. Cependant, les rations modernes ont changé la donne. Une meilleure qualité des fourrages, une gestion plus réfléchie de l’amidon et un meilleur équilibre des fibres créent des conditions différentes.

« Dans les rations modernes, Rumensin maintient ou améliore même les taux de gras », affirme M. Lévesque, une position appuyée par des recherches récentes menées à New York et au Wisconsin.


L’évolution de la stratégie protéique

Le passage à un prix basé sur les composantes ne change pas seulement la façon dont les producteurs nourrissent leurs troupeaux aujourd’hui; il influence aussi les décisions à long terme. M. Simoneau note que les producteurs choisissent désormais « des taureaux pour la protéine et le volume de lait plutôt que pour la production de gras », un pivot génétique délibéré qui reflète l’orientation du marché.

Comme le souligne M. Lévesque, le progrès génétique se mesure en décennies, pas en saisons. « Avant que la sélection génétique ne puisse modifier les composantes, nous devons ajuster les pratiques alimentaires pour favoriser la production de protéines. Cela nécessite un plan d’action global pour chaque producteur. Il a fallu environ 10 ans pour modifier de façon significative les taux de gras du lait. Je m’attends à un délai similaire pour des avancées majeures au niveau de la protéine », dit-il.

Cela signifie que les producteurs travaillent davantage au niveau de la ration. M. Guesthier considère cette évolution comme un passage « d’une approche basée sur la quantité à une approche basée sur la qualité », ce qui implique « l’optimisation de la protéine métabolisable, l’ajustement précis des acides aminés comme la lysine et la méthionine, et l’utilisation d’acides aminés protégés lorsque l’économie le justifie. »

M. Simoneau affirme que ce changement est déjà visible dans la pratique. « Depuis cet hiver, nous travaillons davantage sur les tests de protéines, le calcul plus régulier des ratios SNG/G et le calcul des marges alimentaires en fonction de l’investissement fait dans la ration. » C’est une approche plus disciplinée et, pour de nombreuses exploitations, une nouveauté.


Le gain marginal

En production laitière, les marges sont serrées. Cette réalité détermine quels outils sont pertinents et quels ajustements sont économiquement logiques. La bonne stratégie alimentaire et les bons additifs, appuyés par des données à la ferme, peuvent offrir des rendements mesurables.

Les producteurs qui réussissent le mieux actuellement comprennent que les petites améliorations s’additionnent. Des gains d’efficacité alimentaire, une attention accrue sur l’investissement en protéines, une stabilité du rumen se traduisant par moins de problèmes de santé - aucun de ces éléments n’est spectaculaire individuellement. Mais ensemble, ils font évoluer la rentabilité et la performance en matière de durabilité. C’est ce que les stratégies d’alimentation modernes offrent : des gains progressifs grâce à de meilleures données, plus de précision et une communication sur ce qui fonctionne réellement.

Références disponibles sur demande

Benoit et al. 2026. Effect of increasing monensin supplementation on the performance of lactating dairy cows fed contemporary diets. Journal of Dairy Science, 109:6915-6925.

Horst et al. 2024. Effect of monensin on milk production efficiency and milk composition in lactating dairy cows fed modern diets. Journal of Dairy Science, 107:1441-1449.


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