
Veille de marché 2026 pour les producteurs canadiens de bovins de boucherie
Le secteur du bœuf fait le bilan de 2025 et se tourne vers 2026
Cet article a été réalisé en collaboration avec Beef Illustrated et Alberta Beef Magazine et a d’abord été publié dans l’édition de janvier 2026 de Beef Illustrated.
« C'est exactement ce qu'il nous fallait »
KATE AYERS
Après des années de marges extrêmement serrées, les prix des veaux et des bovins d’engraissement — qui ont atteint des sommets historiques en 2025 — ont été une excellente nouvelle pour le secteur bovin canadien. Même si les producteurs et les exploitants peuvent pousser un soupir de soulagement, l’incertitude demeure et les experts invitent le secteur à profiter des conditions actuelles du marché afin de se préparer aux défis et aux occasions qui se présenteront en 2026.
Des prix records pour les bovins
Pendant la majeure partie de 2025, les producteurs ont vu les prix du bétail atteindre des records mois après mois. « Nous avons commencé l’année avec un bond important des prix des bovins d’engraissement, et ces prix ont été très, très, très élevés toute l’année », affirme Brenna Grant, directrice générale de Canfax. La mise en marché automnale des veaux en 2025 a aussi connu de fortes hausses de prix par rapport à l’année précédente. Ces prix ont été soutenus, en partie par une offre limitée, ajoute Mme Grant.
Anne Wasko, analyste des marchés chez Gateway Livestock, confirme elle aussi la récente tendance haussière. « En septembre, les prix des bovins finis étaient 30 % plus élevés qu’en septembre 2024. Les bovins d’engraissement étaient 50 % plus élevés que l’année précédente et les veaux légers, durant la mise en marché d’automne, étaient 64 % plus élevés. On a enchaîné record après record », souligne-t-elle. Même si les producteurs qui ont vendu leurs bovins à l’avance ou utilisé la couverture comme stratégie de prix n’ont peut-être pas obtenu les mêmes retours sur investissement que ceux ayant vendu sur le marché au comptant, l'année 2025 a facilement été une année record pour la rentabilité du segment vache-veau, selon Mme Wasko.
Un autre élément important dans l’équation de la rentabilité, ce sont les coûts. L’an dernier, la baisse des coûts d’alimentation a soutenu la rentabilité des exploitations vache-veau et des parcs d’engraissement, notamment grâce à une importante récolte de maïs aux États-Unis, laquelle a exercé une pression à la baisse sur le marché des céréales.
De meilleures conditions d’humidité dans l’ensemble des Prairies ont aussi contribué à augmenter la disponibilité des fourrages et le rendement des cultures céréalières, ce qui a, à son tour, maintenu les prix des aliments du bétail à un niveau stable. Par exemple, la production d’orge dans le sud de l’Alberta a été exceptionnelle, précise Mme Wasko, et à l’automne, le coût de l’orge pour alimentation animale était d’environ 12 % inférieur à celui de 2024. Cela dit, la plupart des autres coûts de production ont augmenté, notamment l’équipement et la main-d’œuvre.
Dans l’ensemble, la combinaison de prix élevés pour les animaux et de coûts d’alimentation relativement plus bas en 2025 a renforcé la confiance du secteur à l’aube de la nouvelle année.
« Eh bien, c'est exactement ce qu'il nous fallait, si l’on veut », dit Mme Wasko. « Pendant des années, on a vraiment eu la vie dure, que ce soit à cause des sécheresses qui ont forcé des ventes de liquidation ou des coûts plus élevés des céréales. … Ça a été une longue période difficile, et le fait de réunir deux ingrédients clés — l’humidité et la rentabilité — a été une véritable bénédiction. »
Des occasions à saisir
Pour les producteurs vache-veau, ces conditions représentent une occasion de reconstituer les troupeaux et d’orienter l’avenir de leurs ranchs. « S’ils se trouvent dans une région qui a reçu de la pluie et qu’ils ont des fourrages pour reconstituer leurs troupeaux, il y a absolument un signal de prix en ce sens », affirme Mme Grant. « Des prix des veaux plus élevés donnent aux producteurs vache-veau la possibilité de conserver davantage de femelles de remplacement tout en ayant le même revenu, voire un revenu supérieur à celui de 2024. »
Selon Cameron Olson, docteur en sciences animales et conseiller technique pour les animaux de ferme chez Elanco, les producteurs qui gardent des taures de remplacement et qui réforment moins de vaches âgées pourraient augmenter leur production et profiter des prix des veaux à l’automne 2026.
À l’inverse, certains producteurs pourraient y voir une stratégie de sortie, de sorte que l’expansion du cheptel de vaches au Canada pourrait être lente. Les exploitants de parcs d’engraissement peuvent tirer parti d’occasions potentielles en surveillant les marchés, en prenant des décisions rapides et, possiblement, en engraissant des catégories de bovins différentes de leurs « habitudes », explique M. Olson.
Effectivement, c’est le moment de mettre ses affaires en ordre, peu importe ce que cela signifie pour chaque exploitation, souligne Mme Wasko. Dans ce contexte de rentabilité, les producteurs peuvent rembourser des dettes, améliorer la génétique du troupeau ou investir dans les infrastructures pour se préparer à la prochaine phase du cycle de la production bovine. « Profitez de la fête, dit Mme Wasko. Ce sont de très bons moments, et ça fait longtemps que c’est économiquement difficile, surtout du côté vache-veau. Mais planifiez et préparez l’avenir. Ça ne durera pas éternellement. »
Mme Grant est du même avis. « Faire des investissements stratégiques maintenant peut vraiment vous rendre plus compétitifs à l’avenir et lorsque les prix des veaux seront plus bas », dit-elle. Les parcs d’engraissement, en particulier, doivent rester à l’affût du retournement du cycle des prix. Acheter des bovins d’engraissement à contretemps en s’attendant à de nouvelles hausses alors qu’on a déjà enregistré des gains importants est risqué.
Même si les fondamentaux demeurent favorables, une expansion plus lente pourrait se traduire par des prix qui plafonnent au sommet, avec volatilité et risque pour les parcs d’engraissement.
Regard vers l’avenir
Malheureusement, le secteur bovin n’a pas de boule de cristal pour prédire les événements de 2026. Cela dit, des experts ont identifié des tendances et des facteurs que les producteurs et les exploitants de parcs d’engraissement devraient surveiller à court terme.
La demande intérieure et internationale, évidemment, est un indicateur clé de la rentabilité. L’offre de bovins en Amérique du Nord est limitée et pourrait se resserrer davantage, d’autant plus qu’un million de têtes de bovins d’engraissement ne circulent plus du Mexique vers les États-Unis. De plus, les quatre principaux exportateurs mondiaux de bœuf — le Canada, les États-Unis, l’Australie et le Brésil — poursuivent leurs efforts de reconstitution des troupeaux.
« Du côté de l’offre, on sait que c’est serré, mais la grande question est de savoir si la demande de bœuf des consommateurs nord-américains, qui a été remarquablement forte, pourra se maintenir », affirme Mme Grant. « La réalité, c’est que le consommateur continue d’impressionner en disant : “Nous voulons garder le bœuf dans notre assiette et nous sommes prêts à payer plus cher pour du bœuf.” Tant que cela continue, les perspectives sont très positives, mais il y a tout de même de réelles inquiétudes à ce chapitre. »
Effectivement, la consommation de bœuf est étroitement liée au revenu et à l’activité économique. Cela dit, la demande pour les produits au détail ne s’est pas affaiblie et les épiciers n’ont pas encore atteint le plafond des prix aux consommateurs.
Les tarifs douaniers constituent une autre inconnue. À l’heure actuelle, le bœuf et les bovins vivants sont exemptés de tarifs dans le cadre de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM/CUSMA). L’ACEUM doit être révisé en 2026, et l’Association canadienne des éleveurs de bovins travaille pour s’assurer que les bovins canadiens puissent continuer d’entrer aux États-Unis sans pénalité, indique Mme Grant.
Cependant, on ne sait pas combien de temps les tarifs resteront en place ni comment ils pourraient influencer l’offre et les prix à l’avenir. Par exemple, tout changement au tarif américain sur le bœuf brésilien pourrait entraîner une correction du marché. Même s’il est difficile de prévoir les mouvements de marché et les enjeux géopolitiques, les producteurs et les exploitants de parcs d’engraissement peuvent poser des gestes proactifs pour se préparer à l’incertitude.
Une stratégie de gestion des risques est importante, souligne Mme Wasko. « Je sais que “gestion des risques” peut être considérée comme deux mots presque tabous en ce moment, parce que ceux qui ont utilisé des stratégies de gestion des risques en 2025 s’en mordent les doigts, dit-elle. Votre première réaction, très humaine, c’est de vous dire : “Je ne referai plus ça.” … Il y a tellement d’argent en jeu avec ces prix records, et ça veut donc dire qu’il y a aussi énormément de risques en jeu. »
Elle encourage les producteurs à examiner leurs options de gestion des risques, à connaître leurs chiffres et à établir un plan. Mme Grant encourage aussi les producteurs et les exploitants à se préparer à d’éventuelles corrections de prix. « Profitez du sommet, profitez de ces marges et préparez votre avenir, dit-elle. Il faut aussi planifier ce qui arrivera quand le marché se retournera, afin d’être prêts. »
Peu importe ce que l’an prochain apportera, Elanco est prête à soutenir le secteur bovin. « Elanco a hâte de travailler de nouveau avec tous nos clients en 2026 », déclare M. Olson. « C’est une période excitante dans l’industrie du bœuf, mais c’est aussi une période exigeante; nous avons donc hâte d’aider nos clients à relever ces défis et à saisir ces occasions du mieux que nous le pouvons, pour qu’ils puissent rester dans la course. »
Elanco a une longue histoire de soutien aux producteurs de bœuf grâce à l’innovation. L’entreprise offre des produits qui ont révolutionné la façon dont les bovins de boucherie sont nourris et manipulés, tant au niveau vache-veau qu’au niveau des parcs d’engraissement, afin de maximiser l’efficacité de production, la santé et la rentabilité.
« Nous continuerons d’offrir un excellent soutien pour nos produits et nos clients, dit M. Olson. Ainsi, les producteurs vache-veau et les parcs d’engraissement pourront utiliser ces produits au mieux de leurs capacités pour maximiser la rentabilité de leurs exploitations, améliorer la santé et le bien-être des animaux et veiller à ce que les bovins présents sur le marché nord-américain aient toutes les chances d’une production bovine saine, rentable et responsable. »
